Mickey 3D

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     C’est une chanson qui raconte le sacrifice, l’espoir littéralement décapité, une jeunesse aux élans d’absolu. La Rose Blanche, c’est l’ombre de Sophie Scholl, adolescente allemande assassinée par les nazis pour quelques tracts avides de liberté. C’est une petite symphonie habitée, une caresse de combat, à la poésie aérienne. Moins une leçon d’histoire qu’une main tendue au romantisme ultime, celui qui préfère même la mort à la soumission. C’est une très belle chanson, à la mélancolie entraînante, aux accents qui visent le cœur. C’est également le premier single tiré de Sebolavy, premier album depuis 2009 pour Mickael Furnon, leader de Mickey 3D.

     Sebolavy est un disque aux failles spatio-temporelles formidables, c’est un homme qui regarde dans le rétroviseur sans jamais oublier que c’est la route, devant, qui compte plus que tout le reste. Ce disque aux couleurs mouvantes, aux mélodies qui accrochent sans jamais insister, ce disque pop, rock, électro, sauvagement familier, c’est donc celui de Mickael Furnon.

     Malgré plus d’un million de disques écoulés depuis 1999, des chansons imprévisibles et désormais tatouées dans l’inconscient collectif hexagonal comme Respire, La France a Peur, Johnny Rep, Matador, La Mort du Peuple ou C’est Pas Grave, des collaborations remarquées avec Indochine (J’ai Demandé à la Lune), Jane Birkin, Hubert-Félix Thiéfaine, Vanessa Paradis, Stephan Eicher, Zaz, c’est comme si Mickael avait travaillé, ces dernières années, sur son tout premier album. C’est certainement pour cela que ses nouvelles chansons ne tombent dans aucun piège: ni facilité, ni redite, ni tapin, ni autoparodie. On sent ici un souffle, un regard, un artisanat, une patience, une passion, une vie, toute une vie. Et c’est assez saisissant. Mickael a d’abord travaillé seul, chez lui. Beaucoup. Quitte à se fatiguer de lui-même. Quitte à ne plus supporter sa propre voix. Il a insisté. Et puis, il l’avoue avec une vraie excitation, les chansons, c’est comme une drogue pour lui.

     Mickael échange ensuite avec Thierry Bon, ami toulousain et moitié du duo The Mood Machine. Le binôme valide cinq chansons. Mickael met en boîte 13 nouvelles chansons au total, avec les musiciens qui le suivront sur la tournée, en 2016 : Najah El Mahmoud au chant/claviers/accordéon, Guillaume Poty à la basse, Sylvain Gras aux guitares et Xavier Granger à la batterie. Rien que des amis, des fidèles, des convaincus. Il y a des petites guitares intrusives, qu’on n’oubliera plus jamais, on pense à Cure, à New Order et on jubile. Il y a encore des mots qui s’amusent, qui pactisent pour le meilleur, des histoires d’amour, un président sous la pluie, une Blonde qui violente les urnes et la République, un père au volant et Jacques Brel qui tire sa révérence, des shrapnels sépia bouleversants, des paysages indomptés, des indiens fantômes, des hommes et des femmes qui avancent, coûte que coûte. Il n’y a pas de slogans ici, pas de leçons de morale, pas de poings qui frappent les tables, juste un chanteur, un compositeur, qui contemple un monde qui ne ressemble pas à celui qu’il espérait à l’heure du lycée.

     Juste un citoyen qui chante que tout reste possible, malgré les années qui défilent, malgré les promesses piétinées, malgré les ténèbres qui grondent. Mickael Furnon possède ce don, rare, de bricoler des chansons pour tous, avec un sens de la synthèse tout simplement renversant.

En quelques mots, il convoque l’existence, toute.

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